Vider / ranger le lave-vaisselle

10' environ
3 fois par semaine (sauf cas rares)
Cuisine


Le lave-vaisselle, cet appareil qu'on imagine spontanément comme un havre d'hygiène, puisqu'il lave nos assiettes à grand renfort d'eau chaude et de produit. Sauf que la machine elle-même, dans ses recoins, cache une réalité microbiologique bien moins reluisante.
Une étude publiée le 12 janvier 2018 dans la revue scientifique à comité de lecture Applied and Environmental Microbiology, menée par une équipe de chercheurs danois, slovènes et belges, a analysé les joints en caoutchouc de 24 lave-vaisselle ménagers européens. Le résultat est sans appel : des genres bactériens tels que Pseudomonas, Escherichia et Acinetobacter, connus pour inclure des pathogènes opportunistes, étaient représentés dans la quasi-totalité des échantillons prélevés. Plus frappant encore, le champignon Candida, associé notamment aux mycoses, a été détecté avec une prévalence de 100% dans l'ensemble des lave-vaisselle testés, sans exception.
Ce résultat s'explique par un paradoxe scientifique documenté par les chercheurs eux-mêmes : les conditions extrêmes régnant à l'intérieur d'un lave-vaisselle (températures élevées, pH très acide ou très basique, forte concentration de sel, présence de détergents agressifs, force mécanique de l'eau projetée) devraient en théorie empêcher toute forme de vie microbienne de s'y développer. Pourtant, certains groupes de micro-organismes se sont révélés capables de tolérer simultanément l'ensemble de ces contraintes, et se sont durablement établis dans ces conditions a priori hostiles, en particulier au niveau des joints d'étanchéité, zone rarement nettoyée par les utilisateurs. Pour les personnes en bonne santé, le risque reste globalement limité selon les chercheurs, mais ces micro-organismes peuvent s'avérer plus problématiques chez les personnes immunodéprimées, une population en augmentation constante selon l'étude elle-même.

Ce qu'implique concrètement cette tâche


Vider et ranger le lave-vaisselle consiste à sortir la vaisselle propre à la fin d'un cycle pour la replacer dans les placards, en profitant de ce moment pour inspecter rapidement l'état général de l'appareil. Comptez environ 10 minutes pour cette tâche, une opération qui revient aussi souvent que le rythme de lavage du foyer.

Trucs et astuces pour limiter la prolifération microbienne


Essuyer systématiquement le joint en caoutchouc avec un chiffon sec à la fin de chaque cycle, un geste rapide mais souvent négligé, limite considérablement l'accumulation d'humidité résiduelle propice au développement de ces micro-organismes selon les chercheurs à l'origine de l'étude.
Éviter d'ouvrir le lave-vaisselle immédiatement à la fin d'un cycle, tant qu'il est encore chaud et humide, réduit le dégagement d'aérosols potentiellement chargés en spores dans l'air de la cuisine. Laisser l'appareil refroidir quelques minutes avant de l'ouvrir constitue un réflexe simple recommandé par les scientifiques ayant mené cette recherche.
Un nettoyage régulier des filtres et bras d'aspersion, situés au fond de l'appareil, complète efficacement l'entretien du joint : ces zones accumulent également résidus alimentaires et calcaire, créant des conditions favorables à l'installation durable de ces communautés microbiennes.

Même un appareil aussi "propre" en apparence qu'un lave-vaisselle héberge, selon cette étude scientifique de 2018, une diversité microbienne bien réelle dans ses recoins les plus discrets. Un simple coup de chiffon sec sur le joint après chaque cycle reste le geste le plus efficace pour limiter cette prolifération, sans nécessiter d'effort particulier.

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